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Philippe Mion, Philippe Minyana

Léone

Label: empreintes DIGITALes

Format: CD

Genre: Electronic

In process of stocking

€11.80
VAT exempt
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Philippe Mion’s acousmatic opera Léone (1993), on a libretto by Philippe Minyana drawn from a true news story: six singers conducted by Laurent Cuniot, with the whole orchestra replaced by tape composed at the Ina-GRM and Grame.

Léone is an opera by Philippe Mion on a libretto by the playwright Philippe Minyana, for two sopranos, mezzo-soprano, tenor, baritone, bass and stereo fixed medium. Mion asked Minyana for the book in 1984 together with the director Philippe Mercier; after a first sketch in 1987 the work was completed in 1992-93 in the studios of the Ina-GRM in Paris and Grame in Lyon, on a commission from the French State. The 72-minute recording features Irène Jarsky, Liliane Mazeron, Sylvia Vadimova, Stuart Patterson, Pascal Sausy and Christian Tréguier, conducted by Laurent Cuniot.

The plot comes from a true story the composer read in the papers. At Christmas, in a family of grocers in a small town in eastern France, the father has a heart attack over turkey and Riesling. His sterile daughter Léone steals a baby from a maternity ward, is found out, tried and sent to a psychiatric hospital; her husband Dédé, a taxidermist, loses everything, commits two murders and finally finds her again at Strasbourg station. Mion wanted “grandiloquence, tragedy and sublime deaths” and a direct, unadorned text.

The electroacoustic part is the entire orchestra, a phantom ensemble heard through loudspeakers. The voices are unamplified, except for the prosecutor and a mysterious bum, whose slightly distorted voices come from speakers built into the set. In his booklet essay Jean-Christophe Thomas describes the score as a play between smooth layers of sound and the rough material of daily life. The opera was first staged on May 15, 1993 at the Festival Perspectives in Saarbrücken.

Born in Tournan-en-Brie in 1956, Mion studied at the CNSM in Paris and was a permanent collaborator of the Ina-GRM from 1978 to 1989, directing its Cycle acousmatique concerts. He was a resident at the French Academy in Rome from 1989 to 1991.

CD in Opak, empreintes DIGITALes IMED 9632, 1996.

Details
Cat. number: IMED 9632
Year: 1970
… bubbling up from some subconscious recess of the mind.Read more

To be honest, this is the first opera recording Splendid has reviewed. Before you envision 300-pound sopranos belting out Wagnerian arias in Viking garb, let me assure you the Léone is nothing like any opera you’ve heard before. The score for Léone is entirely electronic — disembodied sound blaring through loudspeakers — a symbol of detachment and alienation. The music is sparse yet expressive — punctuating the libretto. It is subdued, foggy almost, as if bubbling up from some subconscious recess of the mind. The plot, while perhaps tame by “Natural Born Killers” standards, is by operatic standards intense to say the least. Its treatment of such topics as schizophrenia, fetishism, bestiality, murder, and infanticide clearly sets it apart from even the most sordid of 20th-century operas. Remarkably, the vernacular style of librettist Philippe Minyana lends a sense of whimsy to the atrocities described in the story, resulting in a sort of “black fairy tale” atmosphere to the whole thing. Perhaps most importantly, the existence of Léone this close to the end of the century bodes well for opera surviving the turn-of-the-century mark.

Terminons cette série de nouveautés avec le CD de Philippe Mion. Léone, un opéra composé entre 1987 et 1993 avec un livret de Philippe Minyana.Read more

Terminons cette série de nouveautés avec le CD de Philippe Mion. Léone, un opéra composé entre 1987 et 1993 avec un livret de Philippe Minyana. On est en plein burlesque délirant et absurde basé sur l’ambiance “Détective” et autres torchons à scandales. La partie électroacoustique (excellente) de Mion va dans le sens du foisonnement de l’action devenant presque un personnage supplémentaire parmi Léone et sa farnille, ou bien un baromêtre nous indiquant les pressions en jeu.

Un nouveau lyrisme apparaît, enfant de l’opéra de toujours et du théâtre musical des années soixante-dix. Le compositeur Philippe Mion et l’écrivain Philippe Minyana ont choisi un parti très efficace, mélange de modestie et d’excès.Read more

Un nouveau lyrisme apparaît, enfant de l’opéra de toujours et du théâtre musical des années soixante-dix. Le compositeur Philippe Mion et l’écrivain Philippe Minyana ont choisi un parti très efficace, mélange de modestie et d’excès.

C’est l’outrance de l’histoire, à la lisière de l’archétype, comme il se doit: Léone, en mal d’enfant, enlève un bébé. Divers meurtres, puis Dédé, son mari taxidermiste et fou la retrouve dans les toilettes de la gare de Strasbourg (un exploit, croyez-moi, quand on connaıt ces lieux tristes comme la propreté…), bref le trio des années de plomb Berg (Wozzeck), Brecht (La noce chez les petits bourgeois) et Céline (Mort à crédit). Ou, mieux, les Atride façon Bidochon, dans un décor entre Tardi et Delicatessen. La naïveté réaliste de la bande dessinée évacue (un temps) la déréliction du questionnement du récit qui se devrait de ne plus être.

Côté musique, c’est, comme l’explique la notice gourmande de Jean-Christophe Thomas, la combinaison du «nappé et du rythme», une napolitanité bien en situation. Les voix n’ont pas peur de parler — armes du crime: le «sprechgexangue» et le «parlarcontendant». Elles ont encore moins peur de chanter, ce qui n’est pas un mince paradoxe daus l’étique (sans h) du Iyrisme actuel. Pas de complexe à moduler à la Berg, cette limite (physiologique?) si difficile à franchir. Pas de complexe à aller plus loin, moments de paroxysme bien venu et superbes ensembles vocaux, le suc du Iyrisme selon moi (ex: Séquetice III, Errance et folie de Léone). Et ceci en parfaite distinction (entendre: intellection), beau respect de la prosodie française et beau métier à savoir en jouer.

Il est vrai que la grandiose banalité du texte (ô mânes de «Pédéraste et Médisante»…) sert bien le propos. Tout cornme la solide distribution vocale, où on retrouve, avec cette cruauté de la tendresse qui s’impose ici, des noms qui reviennent de loin, comme Liliane Mazeron ou Iréne Jarsky.

La musique électroacoustique assure bien le nappage, déjà cité, pendant que les voix verticalisent le rythme. Musique étrange, peu fréquente au Iyrique (à entendre) et invisible (à voir, sur scène), ce qui ajoute au mystère de ce drame lorrain si proche, et pas que par la géographie, de cette affaire Grégory qui fit même dérailler la Duras.

On est conquis, et tant pis si ce plaisir est peut-être sans lendemain. Cela fait du bien, parfois, de voir son époque répondre à son époque, ne serait-ce qu’un instant. Léone a pris un des défauts de la musique de masse: la monotonie de la bande passante médium, cette excitation radiophonique molle qui a peur du blanc (silence) et des excés (pleurage). Est-ce à cause du nappage électronique, qui ne se laisse aller, il est vrai, à aucun soupir (joli mot)? Ou volonté de nous enfoncer un peu plus dans la fascination du glaugue? Dans ce cas, c’est l’apothéose du Voyage au bout de l’ennui, ce que je ne suis pas loin de penser…-->